PRIX DE NOS PROTHÈSES DENTAIRES : LE MENSUEL « CAPITAL » BAIGNE À NOUVEAU DANS LA DÉSINFORMATION

LE DEVOIR DU JOURNALISTE EST DE TRANSCRIRE LA VÉRITÉ AVEC LOYAUTÉ SANS DÉFORMATION, DÉSINFORMATION OU MANIPULATION.

LE COURAGE DE LA PRESSE EST DE PUBLIER CES ARTICLES SANS INTÉRÊT NI CALCUL MAIS AVEC POUR SEUL SOUCI LE DEVOIR RÉEL D’INFORMATION.

Comme tant d’autres avant lui, le mensuel CAPITAL a, de nouveau dans son numéro de décembre 2009, distillé le sérum de sa désinformation ciblée sur les prothèses dentaires. Avec d’autres syndicats, DSI s’est soulevé contre cette manipulation et a répondu à cette revue qui n’a pas eu la loyauté de publier notre première lettre à ce mensuel dénonçant les chiffres tronqués du travail au noir dans notre profession (voir sur notre blog notre première réponse). Voici notre second courrier au directeur de cette revue :

CAPITAL

M. François GENTHIAL

Rédacteur en Chef

15, rue Galvani

75009 PARIS CEDEX 17

PARIS, le mercredi 23 décembre 2009

Objet : réponse à votre article du mois dernier sur les prothèses dentaires

Monsieur le Rédacteur en Chef,

Vous n’avez pas eu le courage de publier la contradiction que nous vous avons adressée à la suite du précédent article du mois d’octobre qui n’a pas hésité à diffuser des chiffres aberrants et imaginaires portant sur le travail au noir de 20% du chiffre d’affaires réalisé par notre profession. Ce n’est pas digne d’un journalisme lucide et vertueux de règles d’honnêteté et de devoir d’informer sans déformer. Ces chiffres sont faux et sans fondement. Nous vous l’avons dit et nous avons publié notre réponse sur notre blog. Notre syndicat n’ayant pas la même éthique que vous, nous avons décidé de publier sur notre blog la réplique apportée par votre journaliste, ainsi que nos commentaires.

Nous savons que la presse rencontre des problèmes financiers. Mais ce n’est ni dans le mensonge ni dans le dénigrement qu’elle pourra relever la tête. Si pour activer les ventes de votre magazine vous deviez tomber dans le « people » ou dans les travers de la désinformation, je pense que vous perdriez plus de lecteurs que vous n’en gagnerez.

Tout l’article qui a été rédigé sur ce que vous qualifiez de « scandale des prothèses dentaires » transpire la volonté de tromper le lecteur. À supposer que je puisse accepter les jeux de mots provocateurs, puérils et déplacés, sur le fond de la question, c’est la bêtise qui transcende l’article. Nous, « les pros de la roulette » nous « n’avons rien à cacher », on ne fait pas du « beurre avec les fausses dents », on ne fait pas de « business » avec notre travail qui n’est pas « une poule aux œufs d’or », « on ne se frotte pas les mains » avec notre métier. On ne « fait pas débourser 550 € » une « simple couronne dont la valeur ne dépasse pas 150 € ». Si vous pensez qu’il nous faut simplement que « deux rendez-vous d’un grosse demi-heure » ou « en général une heure et demie de travail », croyez vous que ces 90 minutes de cabinet devraient être gratuites et que tous nos frais soient offerts par le journaliste qui a rédigé ces inepties ? Croyez-vous que nous ferions notre travail si nous n’étions pas honoré par ce que vous qualifiez être une « opération ultra rentable ». Si vous pensez que nous ferions la « culbute » en appliquant nos tarifs de prothèses, c’est que votre esprit s’est « rétrécit au lavage de cerveaux dont vous êtes victime ». Avez-vous fait un comparatif par rapport aux autres pays civilisés ayant le même niveau de vie que nous sur le tarif des soins et des prothèses avant de fustiger nos seuls tarifs de prothèses ?

Nous gagnons notre travail à la sueur de notre front en faisant face à la tension et au stress quotidien ainsi qu’à toutes les difficultés techniques inhérentes à chacune de nos interventions. Pourquoi ne venez vous pas faire cette expérience en passant une journée dans mon cabinet pour ensuite décrier mes revenus qui sont certainement beaucoup moindres que les vôtres ? Si vous avez un brin de conscience professionnelle, publiez vos revenus de chef d’entreprise et je vous donnerais les miens et nous verrons qui a le poste le plus confortable en faisant un rapport temps de travail/revenus.

Vous avez repris, semble t-il, les discours racoleurs d’un représentant des laboratoires de prothèses qui se montre partout et dont le seul objectif est d’arriver à convaincre les pouvoirs publics à accepter les « denturologues » et de faire directement les prothèses aux patients, sans passer par le chirurgien-dentiste ce qui est pénalement répréhensible par la loi. Lui, commerçant de métier, son seul objectif est de se faire de l’argent lors de chacune de ses interventions au laboratoire. En ce qui nous concerne nous, professionnel de santé et libéraux, faisons de la médecine en passant les 2/3 de notre temps à appliquer un tarif de soins indécent ne nous permettant pas de gagner notre vie. De guerre lasse, on ne s’en plaint plus. Mais ne venez pas déverser vos détritus sur nous en ce qui concerne le seul poste nous rendant notre dignité financière.

En ce qui concerne les propos ahurissants sur le prix de nos prothèses, sachez que pour les bénéficiaires de la CMU le tarif de la céramique est de 375 € maximum fixé de plus par la loi. Comment voulez-vous que l’on facture 375 € une céramique dont le seul prix du laboratoire est d’environ 150 € après une « heure et demie » de travail au cabinet ? Alors faire notre prothèse en Chine aujourd’hui, peut-être en Inde demain ou au Bengladesh ou encore au Kenya après-demain, nous permet de maintenir ce prix, dès lors que la qualité du travail et la traçabilité sont irréprochables et réalisés sous le contrôle d’un laboratoire français qui prend sa généreuse commission au passage. Avez-vous simplement pensé à interviewer le trésorier de l’ADF afin de connaître sa motivation et ses explications plutôt que d’isoler une phrase de son article pour vous gausser de ses conclusions ! Toute notre profession pense comme lui, mais cela vous a échappé car vous aviez un objectif ciblé : tronquer l’information.

Vous n’avez pas non plus pensé une seule seconde qu’évoquer le chiffre farfelu de 30% de prothèses faites à l’étranger alors qu’il est de 1,3% selon les chiffres officiels(1) vous fait perdre de la crédibilité si vous n’avez opéré aucune vérification préalable. Mais il est vrai que dire la vérité ne vend pas, vous préférez le sensationnel. Quel triste constat !

Sachez qu’en 1979, lorsque j’ai commencé mon exercice professionnel, le coût de la céramique au laboratoire valait 500 F et le prix au cabinet, après tout le temps de travail et les frais payés, était de 3.500 F en moyenne. 30 ans après, le prix au laboratoire est d’environ 150 € (soit 2 fois plus) alors que le prix au cabinet, ainsi que vous l’indiquiez, est de 550 € (c’est-à-dire le même). Alors que nos prix n’ont pas augmenté en 30 ans, le prix au laboratoire a été multiplié par 2, sans compter le coût de la vie, qui a été multiplié par 3 voire par 5. Alors, tronquer l’information n’est pas du journalisme.

Le législateur a voulu que l’on indique sur nos factures le seul montant du coût du laboratoire de prothèse. Il s’agit d’une désinformation. Le prix de ma prothèse n’est pas uniquement évalué sur la seule dépense du laboratoire. Pour rétablir la vérité, si nous étions obligé de nous soumettre à cette obligation, DSI a décidé de donner comme mot d’ordre aux praticiens de publier tous les frais d’un cabinet pour une heure de travail. Car c’est l’évaluation de l’ensemble des frais qui me permet de fixer mes honoraires de prothèses. Puis nous demanderons qu’il en soit fait de même pour toutes les professions, y compris celle de journaliste qui devra indiquer le montant du papier utilisé pendant un mois et le montant de son salaire, par exemple. Ou celle d’un laboratoire de prothèse qui devra indiquer le montant de la poudre de céramique sur sa facture…

Nous savons, vous et moi, que la jurisprudence ne vous impose pas de publier nos remarques. Cependant, sachez que non seulement nous diffuserons la présente mais aussi qu’on la mettra sur notre blog. Je vous prie de croire, Monsieur le Rédacteur en Chef, en l’assurance de mes meilleurs sentiments.

Philippe Rudyard BESSIS

Président de DSI

Jean-François CHABENAT

Président de la FSDL

Hervé PARFAIT

Pour la FCDF


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2 réponses à to “PRIX DE NOS PROTHÈSES DENTAIRES : LE MENSUEL « CAPITAL » BAIGNE À NOUVEAU DANS LA DÉSINFORMATION”

  • P.A.:

    Cher confrère,

    je vous remercie de votre information.Mes amis travaillent maintenant à l’étranger , par gentillesse , ils me proposent tous de travailler avec eux. Ce n’est pas par lacheté qu’ils ont du fuir la France, c’est simplement parce que les conditions juridiques, fiscales et économiques sans oublier l’état d’esprit des français sont défavorables à une pratique de la dentisterie de haut niveau.

    D’autre part, de nombreux techniciens de laboratoire orientaux travaillent aussi bien que les européens en utilisant les mêmes matériaux. Plutôt que d’être une vache à lait fiscale, ou un crachoir pour journalistes baveux et diffamatoires, je pense qu’il est préférable de réduire son temps de travail en France et partir soigner des peuples qui nous aiment ,tous les confrères français motivés sont les bienvenus partout dans le monde du fait de leur niveau universitaire incomparablement superieur à nos semblables européens.

    Recevez, cher confrère, je vous prie, l’expréssion de mes salutations respectueuses.

  • philippebessis:

    Bonjour et BONNE ANNÉE,

    Je ne sais comment vous le dire, mais vous avez totalement raison. Dès que l’on gagne sa vie, on est des filous. Dès que le chiffre d’affaires est élevé, on est des délinquants. Dès que l’on dit un mot, on est un contestataire.

    Avec de nombreux confrères on en a eu assez de cet esprit pervers. Vous nous verrez affronter tous les clichés ou toutes les injustices sans relâche avec courage et ténacité.

    Vous pouvez comptez sur notre énergie et notre détermination pour aborder tous les sujets même ceux qui fâchent. Nous ne lâcherons sur rien.

    Aidez-nous à diffuser nos idées auprès de nos confrères. Motivez-les ou réveillez-les afin qu’ils ne nous le reprochent pas un jour. On a besoin de tous. Adhérez et faites adhérer ceux qui partagent nos convictions d’honnêteté et de défense de la profession et de nos confrères.

    Bien cordialement,

    Rudyard BESSIS
    Président DSI

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