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NOS ASSISTANTES DENTAIRES : NE PAS TOMBER DE LA COLLABORATION À LA CONFRONTATION

Voici le témoignage d’un confrère ayant subi une telle mésaventure. Nous la relatons en y apportant à la fin nos commentaires.

Chers confrères ,

j’ai une proposition d’action à vous soumettre, suite à une mésaventure qui m’est arrivée.

Savez-vous que face à un membre de notre personnel indélicat, nous n’avons aucun droit.

je vous raconte mon histoire (brièvement) et vous comprendrez là où je veux en venir :

– J’ai deux assistantes. Il y a 4 ans de ça une des 2 me faisait part de son intention de quitter le cabinet , mais ne voulait pas me donner sa lettre de démission, cela a duré plusieurs mois et la qualité de son travail , bien entendu, s’en est ressenti : en fait elle faisait tout pour se faire licencier et c’est allé jusqu’au stade de bâcler la stérilisation. J’ai fait le dos rond en me disant qu’elle finirait bien par démissionner, jusqu’au jour où elle a introduit un embout de lampe à photopolymériser sur lequel persistait des traces de sang, dans la bouche d’un patient. J’ai alors vu rouge et ai pris la décision de la licencier.

– Bien entendu prud’hommes : en première instance on reconnaît le bien fondé de mon action mais on me condamne à verser 225 euros pour une erreur d’écriture sur une fiche de paie et 600 euros au titre de l’article 700. L’assistante fait appel

– Jugement rendu il y a quelques jours (au bout de 4 ans de procédure) licenciement sans cause réelle et sérieuse et me condamne à verser la somme de 13.685 euros. Bon c’est un fait je savais déjà que les salariés ont tout les droits et les patrons uniquement le droit de signer les chèques. Peu importe , ce qui me révolte par contre c’est la forme.

– Il a été fait fi de mon dossier de défense pourtant épais  en disant que cela ne mettait pas ne péril l’existence du cabinet. pour ce qui est du problème de stérilisation on m’a rétorqué que comme il n’y avait qu’elle et moi dans le cabinet (donc pas de témoins) on ne pouvait pas vérifier mes allégations et le témoignage de ma 2ème assistante (qui devait passer derrière pour restériliser les instruments ) n’a pas été pris en compte car étant toujours mon employée elle m’était subordonnée et on m’a dit que j’aurais dû envoyer des lettres recommandées avant ; c’est exact.

-Avons-nous le droit (ou le devoir ) de penser d’abord à nous protéger avant de penser à protéger nos patients?

je ne regrette pas ce que j’ai fait et s’il fallait le refaire , je le referais, j’ai la conscience tranquille.

– Mais, avec toutes nos obligations qui augmentent de jour en jour, est-il normal que nous soyons autant démuni juridiquement face à ce genre de situation ou à d’autres, qui j’en suis persuadé a du arriver à d’autres confrères et arrivera certainement encore.

je pense que vous autres, syndicats, pouvez certainement jouer un rôle la dedans et il y a une action évidente (pour moi) à mener. Pensez vous que nous puissions assurer tout ce qu’on demande d’assurer sans l’aide de personnel compétent. N’oublions pas que nous sommes seuls responsables si un moindre problème arrive dans notre cabinet et personne d’autre. Il faut que ça cesse.

Qu’en pensez vous?

Si mon cas peut aider à servir d’autres confrères je serais ravi et je me mets à votre disposition pour toute aide éventuelle

bien confraternellement.

G : Bastia


LA PARTIALITÉ NOTOIRE DES ORGANISMES SOCIAUX CONTRE LES PRATICIENS EST CONSTAMMENT DÉVOILÉE

Nous avons souvent eu l’occasion d’alerter les pouvoirs publics contre l’inadmissible partialité de la section des assurances sociales des conseils de l’ordre qui constitue une juridiction de « la honte ».

Nous apprenons que le Syndicat des médecins libéraux (SML) se retire des Commissions de pénalités dont la composition est le clone de la section des assurances sociales (composition paritaire où siègent les représentants de médecins et les administrateurs de l’assurance maladie).

Cette Commission chasse les abus en matière de prescription et propose des sanctions contre les médecins qui sortent des normes établies.

Les raisons de cette rupture : une « multiplication de mises sous surveillance pour trois mois des médecins » en d’autres termes : un flicage permanent de l’activité médicale avec pour conséquence des sanctions financières sans oublier l’arsenal judiciaire mis à la disposition des Caisses.

L’autre raison est que les décisions de sanction « sont prises par les directeurs des caisses sans tenir compte de l’avis des Commissions » comme si tout était joué d’avance et que les objectifs de rendement devait primer sur les avis de la Commission.

Le Président du SML précise que la présence de son syndicat servirait de « caution à une politique répressive à l’encontre des médecins … Tout se passe comme si les Directeurs avaient pour mission de faire du chiffre et fonctionnaient à la manière de radars automatiques qui se déclencheraient au moindre dépassement de norme sans prendre en compte la situation propre à chaque médecin ».

La parution du prochain décret renforçant les pénalités financières contre les « fraudes et les abus à la sécurité sociale » ne pourrait qu’aggraver « la situation ». SML invite les autres syndicats à « suivre son exemple ».

DSI n’est pas contre les sanctions financières dès lors que les abus constatés ont fait l’objet d’une première mise en garde formelle adressée au praticien concerné afin qu’il modifie ses méthodes. Le dialogue initial doit être un impératif. Il serait plus qu’urgent de constituer un organisme tampon, de médiation en cas de désaccord entre un praticien et une caisse afin qu’une issue amiable puisse être trouvée avant toute procédure.

Nous préférons largement une sanction financière à une sanction disciplinaire meurtrière. Mais, si une sanction financière était prononcée contre un praticien, toute caisse et tout service médical devraient s’interdire la multiplicité des actions judiciaires.

Rudyard BESSIS

Président de DSI

 

 

Source : LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN, 5 mai 2009 p. 3.